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Trois ou quatre choses que vous ne saviez peut être pas sur l'interprétation

public

Commission Européenne

Bruxelles

Description

L'atout principal d'un interprète c'est sa langue maternelle

Transcript

Mon discours s’intitule : Trois ou quatre choses que vous ne saviez peut-être pas sur l’interprétation, et je vais donc vous parler d’interprétation.

 

Mesdames et Messieurs,

Vous souhaitez devenir interprète, peut-être vous demandez-vous ce qu’il faut pour devenir interprète de conférence. Eh bien, permettez-moi de vous révéler trois ou quatre petites choses sur l’apprentissage de ce beau métier.

Pour commencer, j’aimerais insister sur un point, la formation d’interprète n’est pas une formation linguistique. Si vous souhaitez approfondir vos connaissances linguistiques, faites-le avant de commencer vos études d’interprétation. Devenir interprète,  ce n’est pas apprendre des langues, non, devenir interprète, c’est apprendre un métier de communication. L’apprentissage de l’interprétation c’est l’apprentissage d’une technique et d’un savoir-faire.

Oui, bien sûr, tout au long de ses études et tout au long de sa carrière professionnelle aussi, l’interprète va continuer à étoffer ses connaissances linguistiques ainsi que ses connaissance de culture générale.  Nul n’est censé tout savoir et surtout, on n’a jamais fini d’apprendre, heureusement!

Comme je vous l’ai dit, pour interpréter, il faut apprendre une technique. Pour jouer du piano, il faut jouer et jouer jusqu’à ce que cela devienne naturel. Au début, on travaille la main droite, puis la main gauche, puis les deux en même temps. Les morceaux que l’on joue pour commencer sont simples, et au fur et à mesure de la formation, les partitions deviennent plus difficile. La maîtrise vient avec le temps, la pratique et l’entraînement. Pour apprendre àconduire, c’est la même chose : il faut s’entraîner, il ne faut pas apprendre tout en même temps.

Eh bien pour l’interprétation c’est comme que ça se passe aussi. Il faut beaucoup s’entraîner et, il ne faut surtout pas tout apprendre en même temps.

Selon le Petit Robert, interpréter c’est expliquer, c’est donner une explication claire à une chose obscure.        

Dans le cas qui nous intéresse, la chose obscure, c’est un discours, un énoncé dans une langue inconnue des auditeurs, dont l’interprète va rendre clairement le sens, dans une langue que ses auditeurs comprennent.

En général les interprètes travaillent vers leur langue maternelle. Je reviendrai un peu plus tard sur l’importance de la langue maternelle  pour un interprète.

Je suis sûre que vous avez déjà interprété. Vous avez certainement déjà raconté à quelqu’un une histoire. Une histoire que vous aviez entendue dans la même langue ou dans une autre langue. Vous avez écouté cette histoire, vous l’avez comprise et vous en avez rendu le sens. Même si vous avez fait cet exercice dans la même langue, simplement parce que vous racontiez cette histoire quelques jours après l’avoir entendue, vous n’avez pas utilisé les mêmes mots. Ce qui importait, c’était le sens de cette histoire.

Eh bien, c’est exactement de cela dont il s’agit en interprétation de conférence. L’interprète saisit le sens de ce qu’il entend dans une langue et restitue ce sens dans une autre langue. Et pour saisir le sens il faut savoir écouter. Il existe plusieurs façons d’écouter. Il y a par exemple l’écoute de l’étudiant à l’université. L’étudiant va retenir les points saillants du cours magistral.  Il y a votre écoute en ce moment. Qui a peut-être été inégale depuis le début de mon monologue, mais qui est devenu tout à coup plus attentive parce que je m’adresse à vous. Il y a aussi l’écoute dans le cadre d’une conversation. On n’écoute bien souvent qu’une partie des arguments de l’autre parce qu’à un moment donné, irrémédiablement, on va fourbir ses armes et se concentrer sur ses propres arguments afin de  rétorquer à ce qui vient d’être dit.

De manière générale l’écoute est sélective. Eh bien, l’écoute d’un interprète ne peut pas, ne doit pas être sélective.

L’écoute de l’interprète et neutre, bienveillante et active. Elle est neutre parce que l’interprète ne prend pas position sur ce qui est dit. Elle est bienveillante car l’interprète écoute tout ce qui est dit. Les éléments importants comme les éléments secondaires, il écoute sans porter de jugement sur le fond ou sur la forme. L’écoute de l’interprète est active. Car l’interprète va analyser ce qu’il entend, en comprendre le sens, et pour cela il utilise toutes ses connaissances : connaissances linguistiques évidemment, mais aussi connaissance de la culture de l’orateur, connaissance du sujet, connaissance du contexte.

Comme je vous l’ai dit, pour apprendre interpréter, il ne faut pas tout faire à la fois.  La première chose sur laquelle de l’apprenti-interprète travaille, c’est sur l’écoute : l’écoute du sens. Vous apprendrez à écouter et à restituer le sens de discours simples, simples au début, et de plus en plus compliqués au fur et à mesure des semaines. Et pour cela, il suffit d’un cerveau et de deux oreilles. Rien de plus. Pas de papier, pas de stylo, pas de cabine d’interprétation.

Une dernière petite chose : je vous ai dit que j’allais revenir sur l’importance de la langue maternelle. Sachez que l’outil fondamental, capital pour un interprète, c’est  sa langue maternelle. 

Pour faire passer le sens de ce qu’il a compris l’interprète doit pouvoir compter sur une langue maternelle à toute épreuve. L’interprète ne travaille pas sur les mots mais sur le sens. Pour exprimer ce sens, il a besoin des mots pour le dire. Plus l’interprète sera éloquent dans sa langue maternelle, plus il y a de vocabulaire à sa disposition, moins il a d’effort à fournir pour restituer de manière claire et précise et fidèle le sens de ce qu’il aentendu.

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire vous viennent aisément.

 

Merci.

 

 

 

 

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