Décrire les objectifs du projet (par exemple, répondre à certaines interrogations scientifiques ou à des besoins scientifiques ou cliniques).
L’objectif du projet est d’opérer des animaux afin de leur enlever un organe. Cela permet de mimer des maladies humaines ou animales (par exemple, enlever le rein et mimer une défaillance du rein, enlever la thyroïde et mimer une absence de thyroïde,...) afin de pouvoir mieux comprendre comment elles évoluent. Ces modèles animaux opérés sont aussi très importants pour tester l’efficacité de nouveaux médicaments.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet? Expliquer en quoi le projet pourrait faire progresser les connaissances scientifiques ou quels bénéfices les êtres humains, les animaux ou l’environnement pourraient en tirer à terme. Le cas échéant, distinguer les bénéfices à court terme (pendant la durée du projet) et les bénéfices à long terme (susceptibles d’être obtenus après l’achèvement du projet).
Des modèles de maladies sont créés chez le rat ou la souris pour aider la recherche à mieux comprendre certaines pathologies humaines et à tester de nouveaux médicaments. Ces modèles permettent d’observer comment un traitement agit dans le corps et d’étudier le rôle des organes ciblés. Les chirurgiens qui réalisent ces modèles suivent des protocoles précis et doivent être bien formés, afin de garantir des résultats fiables, de limiter la souffrance animale et de proposer des modèles standards, prêts à l’emploi pour les chercheurs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale (par exemple, injections, procédures chirurgicales)? Indiquer le nombre et la durée de ces procédures.
Tous les animaux analgésiés, anesthésiés et non réveillés ou analgésiés, anesthésiés puis réveillés, dans le cadre de ce projet, seront soumis à une procédure chirurgicale unique d’une durée de dix minutes à une heure, sous anesthésie générale. Selon le modèle et en cas de besoin (besoin scientifique, douleur, récupération post opératoire difficile), les animaux pourront être soumis à des injections (maximum 6 injections par jour, comprenant les injections suite à la mise en place du protocole d’analgésie et de raffinements). Selon les besoins des scientifiques, un prélèvement sanguin maximum (durée de l’acte de maximum une minute) est possible. Un hébergement isolé peut être nécessaire pour les besoins du projet pour une durée maximale de 12 jours.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux, par exemple, douleur, perte de poids, inactivité/mobilité réduite, stress, comportement anormal, et la durée de ces effets?
Douleur, stress et perte de poids dus aux contentions, aux procédures chirurgicales et à la récupération post-opératoire (48-72h). Hébergement individuel sur une partie ou sur toute la durée de la procédure si l'intégrité du modèle le nécessite.
Quelles espèces et combien d’animaux est-il prévu d’utiliser? Quels sont le degré de gravité des procédures et le nombre d’animaux prévus dans chaque catégorie de gravité (par espèce)?
Espèce
Nombre total
Nombre estimé par degré de gravité
Sans réveil
Légère
Modérée
Sévère
Souris (Mus musculus)
4000
Rats (Rattus norvegicus)
2500
Qu’adviendra-t-il des animaux maintenus en vie à la fin de la procédure?
Espèce
Nombre estimé d’animaux à réutiliser, à replacer dans l’habitat/le système d’élevage ou à proposer à l’adoption
Réutilisé
Replacé dans l’habitat naturel ou le système d’élevage
Proposé à l’adoption
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux sont à la demande, expédiés chez les scientifiques ou sont mis à mort dans le cas d’atteinte d’un point limite, acquisition ou maintien des compétences ou pour contrôle qualité du modèle.
1. Remplacement
Indiquer quelles sont les alternatives non animales disponibles dans ce domaine et pourquoi elles ne peuvent pas être utilisées aux fins du projet.
Les modèles chirurgicaux créés dans le cadre de ce projet permettent de mimer des maladies humains ou animales par l’absence d’un organe dans leurs corps. Cela permet de comprendre les liens qu’il y a entre cet organe et le reste de l’organisme. Cela permet également de comprendre comment de nouveaux médicaments peuvent aider à soigner cette maladie. Ces interactions ne sont pas des phénomènes isolés et par conséquent ne peuvent pas être étudiées in vitro sur un seul type de cellule. Pour l’acquisition et le maintien des compétences techniques, avant tout entraînement sur un modèle animal, une formation théorique basée sur l’utilisation de supports papiers et vidéos est effectuée. Lorsque cela est possible, l’entrainement pour certains gestes techniques pourront être réalisés sur des supports inertes (mannequin de formation). Pour les différents modèles, la validation du chirurgien sera évaluée sur la technique dans un temps imparti, sur la viabilité et la fonctionnalité du modèle dans le temps : cette partie ne peut être réalisé in vitro.
2. Réduction
Expliquer comment le nombre d’animaux prévu pour ce projet a été déterminé. Décrire les mesures prises pour réduire le nombre d’animaux à utiliser et les principes appliqués pour concevoir les études. S’il y a lieu, décrire les pratiques qui seront appliquées tout au long du projet pour limiter le plus possible le nombre d’animaux utilisés sans perdre de vue les objectifs scientifiques. Ces pratiques peuvent notamment consister en études pilotes, modélisation informatique, partage et réutilisation des tissus.
Basé sur les expériences précédentes, le nombre d’animaux a été calculé le plus juste possible en fonction des chirurgies et permettant d’atteindre les objectifs scientifiques. Le nombre d’animaux surnuméraires opérés est suivi, calculé et ajusté à la baisse autant que possible en fonction des lots précédents. Pour l’acquisition et le maintien des compétences, le nombre d’animaux défini dans notre procédure est basé sur la criticité et la technicité du modèle (faible / moyen / forte) ainsi que les expériences précédentes. Ce nombre est composé d’un minimum (3 pour l’acquisition, 1 pour le maintien) et d’un maximum (de 25 pour l’acquisition, 10 pour le maintien) afin de pouvoir qualifier le chirurgien lorsque la technique est maîtrisée, dès lors que le nombre minimum est atteint. Cela nous permet également d’avoir un nombre maximum au-delà duquel le technicien n’est pas considéré comme formé. L’acquisition ou le maintien des compétences s’arrête dès lors qu’un taux de réussite de 100% est atteint pour un lot de 3 ou 1 animaux respectivement, même si le nombre maximum d’animaux n’a pas été effectué. Lors d’une acquisition ou maintien des compétences sur cadavre ou sur animal analgésié, anesthésié et non réveillé, nous pouvons utiliser un animal pour l’entraînement de plusieurs gestes techniques de plusieurs modèles, ce qui contribue à réduire le nombre d’animaux utilisés. Ces animaux peuvent être les surnuméraires non opérés de commandes ou surplus de stock, ce qui contribue aussi à la réduction. Pour l’acquisition des compétences des modèles, les premiers entrainements se feront sur cadavre puis sur animal analgésié, anesthésié et non réveillé. Dès lors que les gestes sont maîtrisés, la chirurgie est réalisée sur animal analgésié, anesthésié et réveillé. Pour le maintien des compétences, l’utilisation d’animaux supplémentaire n’est pas systématique. Les différents modèles ont été classé selon leur difficulté et leur criticité. Pour ceux dont la difficulté et la criticité est considéré comme faible, le maintien des compétences se fera sur animaux de lots demandés par les scientifiques, sous supervision du formateur et/ou du responsable du service, avec au préalable, une relecture de la procédure et/ou le visionnage d’une vidéo de la technique.
3. Raffinement
Donner des exemples des mesures spécifiques qui seront prises (par exemple, surveillance accrue, soins postopératoires, gestion de la douleur, entraînement des animaux) pour réduire au minimum les effets sur le bien-être des animaux (les nuisances causées). Décrire les mécanismes permettant d’intégrer de nouvelles techniques de raffinement pendant la durée de vie du projet.
Les animaux utilisés seront hébergés dans un environnement adapté à l’espèce, au nombre et à l’âge, et dans un milieu enrichi et les interactions se font selon les bonnes pratiques de manipulation. Des points limites spécifiques au modèle seront appliqués. Toutes les interventions sont réalisées sur animaux anesthésiés, qui sont préalablement préparés de manière aseptique. Les chirurgies sont réalisées selon des procédures standardisées et adaptées aux spécificités de souche, sexe, âge et poids. Après évaluation de la douleur possible induite par le modèle (paliers de douleur définis pour chaque modèle en collaboration avec l’équipe vétérinaire et la SBEA), le contrôle de la douleur est réalisé par une administration d’analgésique avant la chirurgie et lors du post-opératoire ainsi qu’en cas de besoin (signes de douleur individuelle, d’inconfort ou absence de fèces). L’utilisation complémentaire d’anesthésique local (Lidocaine 2%, 1 ml/kg, dilution par 4, posologie de 16.22 mg/kg) peut être réalisée selon le palier de douleur de la chirurgie (procédure interne de classification validée par l’équipe vétérinaire et la SBEA). Une injection systématique sous-cutanée de sérum physiologique de réhydratation est pratiquée pour tous les animaux avant réveil. Une observation quotidienne de l’état clinique général des animaux est réalisée tout au long de la procédure. Des soins spécifiques sont apportés en cas de signes cliniques (traitements médicamenteux, soins locaux, ajout d’enrichissement, mesures de réhydratation ou de réchauffement, ajout d’aliment, de gel hydratant, de litière ou d’eau complémentée ou non directement dans la cage afin d’en améliorer l’accès). En cas de détection d’un point limite terminal, l’animal est immédiatement mis à mort. Des points limites spécifiques sont établis et raffinés au fur et à mesure des observations. Ces observations sont facilitées par l’utilisation d’outils internes de suivi de type grille de score et document qualité d’enregistrement permettant une traçabilité.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents
Le choix de l’espèce et de la souche est très généralement effectué par le scientifique mais l’équipe de chirurgie se réserve le droit de proposer des changements de modèles sur la base de son expérience (si le taux de succès ou de survie est très bas par exemple sur le choix fait par le scientifique). Le rat et la souris sont des animaux couramment utilisés dans ce type de projet. Ce sont des mammifères dont l’anatomie et la physiologie sont proches de l’homme, la disponibilité de données historiques chez ces espèces permet d’obtenir des informations fiables et pertinentes. Sont concernés les animaux sevrés à partir de 3 semaines, dont la taille et le poids sont compatibles avec le modèle d’intérêt, selon les recommandations éthiques en vigueur.
Raisons de l’appréciation rétrospective
Prévoit des procédures sévères
Utilise des primates non humains
Explication de l’autre raison de l’appréciation rétrospective